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Ciné & Séries

5 centimètres par seconde – une adaptation réussie par Yoshiyuki Okuyama

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Il y a quelques jours, je vous parlais de l’avant-première du live-action 5 centimètres par seconde. L’œuvre de Makoto Shinkai est cette année adaptée en live action par Yoshiyuki Okyuyama. Et selon moi, c’est un pari réussi !

Synopsis

2008. Takaki, jeune informaticien bientôt trentenaire vit une existence banale et monotone à Tokyo. Parfois, lui reviennent les bribes d’un temps où il était différent, enjoué, passionné par l’espace, curieux de la vie et des autres. Il se souvient de l’année 1991 et de sa rencontre à l’école avec celle qui devient très vite son alter ego, Akari. La vie les éloigne mais malgré la séparation et les années, malgré les occasions ratées, un lien invisible les unit…

Une chronique douce-amère, adaptée du film culte d’animation de Makoto Shinkai avec son soutien plein et enthousiaste.

Mon avis

Yoshiyuki Okyuyama nous propose une véritable adaptation. Exit la reproduction plan par plan, ici on assiste presque à une extension du film d’animation.

Une vraie vision artistique

Avec Egaaratoi, nous avons eu la chance d’assister à l’avant-première du film en présence de Yoshiyuki Okyuyama. Un moment très intéressant, qui nous a permis d’en connaître plus sur sa vision et sur son interprétation du film de Makoto Shinkai.
Le réalisateur a ici cherché à creuser dans l’intimité des personnages. À explorer leur psychologie à tel point que Makoto Shinkai lui a affirmé ne pas avoir compris ses propres personnages avant.

Yoshiyuki a également voulu souligner le tournant du passage à l’âge adulte : la perte de l’innocence, la redécouverte de certains souvenirs des décennies plus tard. Un souhait qui rend le film très nostalgique. Pour l’anecdote le réalisateur vient d’ailleurs de fêter ses 30 ans, âge où ses nombreux questionnements commencent à le hanter. Il nous a d’ailleurs avoué avoir superposé son ressenti à celui de Takaki.

Si sur le papier il pouvait sembler impossible de retranscrire l’ambiance du film d’animation (notamment avec les couleurs exceptionnelles du ciel). Yoshiyuki Okyuyama a su retranscrire avec brio et singularité l’ambiance de 5cm par seconde.
Il a retravaillé l’image comme il le souhaitait. Et si la reproduction exacte aurait donné un effet étrange par rapport à la réalité, il a su trouver des subterfuges pour se rapprocher de l’univers de Makoto Shinkai. Des filtres pour avoir l’effet si particulier de l’animé et surtout, l’utilisation de la méthode du « film recording » ( filmer en numérique puis le retranscrire sur une bande 16mm) pour avoir l’aspect nostalgique du passé/ des souvenirs.

« Le monde a été conçu pour qu’on puisse y voir un maximum de choses » – chef du planétarium


Film d’animation versus film en prises de vues réelles

Ayant vu le film d’animation il y a assez longtemps, je l’ai revu avant de vous rédiger mon avis. Et quelle surprise ! Si le live-action reprend les éléments essentiels, comme les personnages, moments clés et l’ambiance, il contient néanmoins un nombre incalculable de divergences.
Là où dans l’animation on a un film très centré sur l’enfance et l’innocence, le film, lui, se focalise sur l’adulte et la nostalgie. La chronologie y est modifiée avec de nombreuses prises de libertés.
Yoshiyuki Okyuyama donne plus d’importance aux personnages secondaires, il étoffe la vie d’adulte des protagonistes. On pourrait presque voir le live-action comme une suite, ou une deuxième partie du travail de Makoto Shinkai. On y retrouve néanmoins la même volonté de sublimer la nature, que ce soit par les plans ou le sound design.
Si le film d’animation est une ode au temps et à la distance, le film lui, rend hommage aux souvenirs.

« Les souvenirs du passé font partie de notre quotidien » Akari

Une adaptation plus forte que l’original ?

En toute honnêteté, je trouve le film de Yoshiyuki Okyuyama plus abouti que le film d’animation. Certes, les deux films n’ont pas les mêmes ambitions et l’un n’aurait pu exister sans l’autre. Mais, pour une première réalisation de long-métrage Yoshiyuki a frappé très fort.
Il nous propose une réalisation nostalgique avec des plans très maîtrisés qui nous rapprochent des émotions des personnages. Émotions qui sont d’ailleurs sublimées par un casting de choix.
L’esthétique mise en place par le réalisateur fonctionne incroyablement bien et rend hommage au matériel de base.
Le film reste un peu décousu, on navigue entre les souvenirs et le présent des persos. Une navigation qui sert la nostalgie et la volonté de sublimer l’enfance.
5cm par seconde, c’est aussi, une mise en valeur de la complexité des liens humains et de notre volonté à toujours avancer et réussir.

En aparté, je me demande presque si le réalisateur n’a pas souhaité faire un clin d’œil à la légende japonaise de l’amour impossible entre le soleil et la lune (Amateratsu et Tsukuyomi). Je vous laisse me donner votre avis sur ça une fois le film vu !

En bref une adaptation aboutie et poétique à découvrir en salle le 25 février !
Le live-action de 5 centimètres par seconde n’efface pas l’original : il lui répond, des années plus tard, avec maturité et mélancolie.
Pour un second avis, je vous invite à retrouver l’avis d’egaaratoi en vidéo sur notre insta.

Ma note : 18/20

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