Connect with us

Mangas

Moriarty : The Remains – Fragments de mémoire pour un prince du crime

Published

on

Moriarty – The Remains est un manga de Yôsuke Saita (oeuvre originale) et Hikaru Miyoshi (manga). Ce spin-off en trois tomes, édité chez Kana, prolonge l’univers de Moriarty – The Patriot à travers une série de souvenirs tirés du journal intime de Louis. Une œuvre entre introspection et mélancolie, qui revisite le passé d’une fratrie devenue légende.

Le Synopsis

La solution du mystère se trouve dans ce « journal d’enquêtes » dont il ne nous avait jamais parlé.

William et le « clan Moriarty » visitent l’ancien manoir Moriarty à Durham, aujourd’hui à l’abandon. Ils y retrouvent le ‘journal d’enquêtes » que Louis a tenu pendant des années, dans lequel il a consigné diverses affaires parmi les plus chères à son cœur : comment William s’amusait avec les techniques de Moran pour tricher aux cartes, ou le dangereux « test » que les trois frères ont dû passer quand ils ont demandé à Jack l’éventreur de les prendre comme disciples.

Mon Avis

La bâtisse est en ruines, les murs tagués de haine, mais le souvenir, lui, est intact. C’est dans ce manoir défiguré par le temps et la vindicte populaire que les frères Moriarty reviennent, comme on revient sur les lieux d’un ancien crime ou d’un vieux rêve.

Le Prince du Crime est désormais une figure publique et honnie, mais l’homme derrière la légende, lui, mérite qu’on ouvre les tiroirs du passé. The Remains, c’est précisément cela : une plongée dans les strates intimes de l’histoire, où les fragments de vie resurgissent comme des énigmes à recomposer.

Le manga s’articule autour de trois affaires, trois souvenirs inscrits dans le journal de Louis. La première, Le Prince du Crime s’amuse, met en scène Moran, piégé dans une affaire de tricherie aux cartes. En surface, cela pourrait sembler anecdotique.

Mais comme toujours dans l’univers des Moriarty, rien n’est jamais aussi simple qu’il n’y paraît. Derrière les jeux de bluff et les règles du hasard, William orchestre une manipulation élégante, un jeu dans le jeu, révélant le génie stratégique et le goût du théâtre de cette étrange fratrie.

La deuxième affaire, Les Enfants Éternels, nous ramène bien plus loin, lorsque les jeunes frères réclamaient à leur majordome Jack – que l’on découvrira être nul autre que Jack l’Éventreur – de leur enseigner l’art de tuer. Loin d’une simple fascination morbide, cette initiation révèle la nature profondément construite de leurs convictions : tuer non par pulsion, mais par logique. Cette séquence, entre test initiatique et confidence macabre, densifie encore davantage la psychologie des personnages, creusant l’abîme entre innocence perdue et conscience du mal.

Enfin, La Petite Fille et l’Arc-en-ciel débute sur une tonalité plus douce, presque lumineuse. William, parti faire les boutiques, croise le chemin d’une jeune fille capable de percevoir la véritable nature des gens à travers des couleurs. Mais très vite, l’univers bascule, des terroristes entrent en scène, et la rencontre vire au huis clos tendu. Ce dernier souvenir, encore inachevé dans ce premier tome, laisse entrevoir une sensibilité inattendue dans l’écriture du personnage de William, tiraillé entre son rôle de stratège implacable et une humanité enfouie.

Graphiquement, The Remains conserve toute l’élégance visuelle qui fait la force de la série principale. Le trait de Hikaru Miyoshi, toujours aussi précis et raffiné, épouse parfaitement l’ambiance feutrée et mélancolique de ces récits. Les décors, souvent désaturés et empreints d’un classicisme victorien, contrastent avec les fulgurances émotionnelles des protagonistes. Les regards sont chargés, les silences lourds, et chaque case semble porter le poids d’un passé jamais vraiment effacé.

Plus qu’un simple spin-off, Moriarty – The Remains agit comme un miroir inversé de la série principale. Ici, il n’est pas tant question d’avancer dans l’histoire que de prendre le temps de regarder en arrière, d’explorer les failles et les origines. On y redécouvre la complémentarité bouleversante entre les trois frères, la finesse d’un scénario qui continue de jouer avec les codes du mythe holmésien, et la beauté tragique d’un univers où même le mal s’habille de noblesse.

Un premier tome entre élégance et noirceur, qui promet une trilogie pleine de réminiscences et de révélations.

MA NOTE : 15/20

🫀 Founder Kazoku , anciennement skendolero.fr. ⛩️ Travel - Japon - Manga

Continue Reading
Click to comment

You must be logged in to post a comment Login

Leave a Reply

TOP ARTICLES