Mangas
Samurai Deeper Kyo – Le retour d’un classique qui a marqué toute une génération
Samurai Deeper Kyo est un manga d’Akimine Kamijyo, réédité chez Kana dans une Star Edition . Cette nouvelle édition nous replonge dans un Japon post‑Sekigahara où légendes, identités brisées et sabres mythiques s’entremêlent, et où l’ombre de Kyo aux yeux de démon continue de hanter un récit qui a façonné le shōnen des années 2000.



Le Synopsis
Quatre ans après la terrible bataille de Sekigahara, Yuya Shiina une jeune chasseuse de primes est à la recherche du célèbre « Tueur aux mille victimes », le redoutable Kyo aux yeux de démons. La prime mise sur sa tête s’élève à un million de ryos, plus que ce que n’importe quel chasseur de primes peut rêver décrocher dans sa vie.
L’homme serait en possession d’une épée d’un mètre cinquante de long, porte dans son dos le symbole de Taijitu (Yin et Yang) et aurait des yeux aussi rouges que ceux d’un démon.
Lorsque Yuya croise le chemin de Kyôshirô Mibu, le jeune apothicaire arbore deux de ces particularités. Elle découvrira bien assez tôt que son flair était bon. Dans le corps de ce benêt facilement berné par la gente féminine sommeille le sabreur le plus redouté et le plus recherché de tout le Japon…
Mon Avis
Redécouvrir Samurai Deeper Kyo aujourd’hui, c’est retrouver une époque où le shōnen se construisait encore sur des codes simples mais terriblement efficaces : un héros insaisissable, une quête identitaire, des combats nerveux, un humour qui désamorce la tension, et cette manière très années 2000 de mélanger mystère, charisme et exagération assumée.
Une réédition qui réveille la nostalgie… et rappelle pourquoi Kyo a marqué son époque
La Star Edition remet tout cela en lumière avec une sobriété moderne : couvertures plus élégantes, couleurs plus franches, un design qui donne un coup de jeune à une œuvre qui a déjà vingt ans.


Le cœur du manga repose sur cette dualité fascinante entre Kyoshiro Mibu, pharmacien doux et maladroit, et Kyo, le tueur légendaire qui aurait tranché mille hommes à Sekigahara. Leur lien, d’abord présenté comme un simple twist façon Jekyll et Hyde, se révèle rapidement plus complexe, plus sombre, plus ambitieux. Yuya, chasseuse de primes déterminée, sert de point d’ancrage : c’est par son regard que l’on découvre les zones d’ombre du clan Mibu, les trahisons, les secrets, les cicatrices laissées par la guerre.
Ce premier tome fonctionne encore aujourd’hui parce qu’il ne cherche pas à en faire trop. Il installe son univers, ses personnages, ses tensions, sans se précipiter. Les combats ne sont pas omniprésents, au début en tout cas, mais lorsqu’ils arrivent, ils frappent fort. Kamijyo a un sens du mouvement très particulier : des poses exagérées, des doubles pages qui claquent, un trait nerveux qui porte chaque coup. On sent l’influence de son époque, mais aussi une personnalité graphique qui n’a jamais vraiment disparu.


La question de la modernité se pose forcément. Samurai Deeper Kyo appartient à une génération de shōnen qui a inspiré beaucoup de titres plus récents, parfois plus violents, plus techniques, plus ambitieux. Et c’est précisément parce que ce manga a été une référence que ces codes nous semblent aujourd’hui si connus. Pour les anciens, c’est un retour immédiat à une époque où chaque tome se dévorait en une soirée. Pour les nouveaux, c’est l’occasion de comprendre d’où viennent certains tropes du shōnen moderne.
La Star Edition, elle, fait le travail : belle fabrication, couvertures modernes, contraste intéressant entre les couleurs vives et le dessin sombre de Kamijyo.


Samurai Deeper Kyo reste un manga de voyage, de rencontres, de rivalités, de sabres qui s’entrechoquent et de destins qui se croisent. Mais c’est aussi une œuvre qui joue beaucoup sur les émotions : la rage, la solitude, la loyauté, la peur de perdre ce que l’on est. Les réactions de Kyo, ses éclats de violence, ses silences, tout cela donne un goût nostalgique de l’old school qui nous fait kiffer.
Cette réédition n’est pas qu’un coup de nostalgie : c’est une manière de rappeler qu’avant les mastodontes du shōnen moderne, il y avait des titres comme celui‑ci, aujourd’hui old school mais vibrants, qui ont marqué une génération entière (même si je suis passé à l’époque). Et revoir Kyo revenir en librairie dans cette star édition, c’est un petit frisson que beaucoup attendaient sans vraiment l’avouer.
MA NOTE : 16/20
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