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Tank Chair – Un seinen d’action qui pulvérise les codes !
Tank Chair est un manga de Manabu Yashiro. Ce seinen post-apocalyptique édité chez Kana bouscule avec panache les conventions du genre, en nous propulsant dans un univers barré, violent et désespérément fun, où un tueur à gages légendaire renaît à travers un fauteuil roulant blindé. Et si l’idée pouvait paraître absurde sur le papier, elle s’impose en réalité comme un coup de force narratif et graphique.



Le Synopsis
Nagi Taira était le meilleur des tueur à gages, mais il est plongé dans un état végétatif depuis le jour où il a reçu une balle dans la tête pour protéger sa petite sœur Shizuka.
Cependant, lorsqu’il sent une pulsion meurtrière dirigée vers lui, il reprend temporairement conscience.
Afin de lui faire retrouver son état normal, Shizuka va volontairement l’envoyer sur des missions suicide ou faire appel aux pires assassins pour qu’ils tentent de tuer son frère.
Elle espère ainsi déclencher chez lui un stimuli assez puissant pour qu’il reprenne conscience de façon définitive…
Mon Avis
Nagi Taira était l’assassin le plus redouté de son temps, jusqu’à ce qu’il prenne une balle dans la tête en protégeant sa sœur. Désormais réduit à un état végétatif, il retrouve une pleine conscience… seulement quand sa vie est directement menacée.
C’est sur cette faille improbable que repose tout le sel de Tank Chair, où sa jeune sœur Shizuka, aussi maligne qu’attachante, cherche à le ranimer pour de bon en l’exposant à des situations toujours plus périlleuses. Derrière ce pitch aussi loufoque que génial, Manabu Yashiro tisse un récit d’action à la fois spectaculaire et profondément humain.


L’univers de Tank Chair évoque inévitablement celui de Mad Max, tant il respire la fureur chaotique et le désert peuplé de créatures dégénérées. Comme dans la saga culte de George Miller, on y retrouve cette sensation d’un monde à la dérive, rongé par la violence et la folie, où chaque rencontre est un affrontement pour la survie. Les architectures en ruine, les véhicules customisés façon machines de guerre, les antagonistes grotesques aux allures de boss de fin de niveau : tout dans Tank Chair semble dialoguer avec l’esthétique post-apocalyptique de Mad Max.
Mais là où Mad Max joue sur la vitesse et la sauvagerie brute, Tank Chair ajoute une dose d’absurde et de poésie noire, transformant un fauteuil roulant en engin de mort et un corps brisé en arme absolue (Furiosa ?!).


Visuellement, Tank Chair est une claque. Les planches débordent d’énergie, les combats explosent à chaque page et les décors post-apocalyptiques regorgent de détails. Les ennemis sont aussi grotesques que fascinants – gorilles mutants, snipers à pupilles reptiliennes ou cyborgs décérébrés. Tout est fait pour qu’on s’abandonne au plaisir pur, sans jamais pour autant tomber dans le vide scénaristique.
Car au-delà des affrontements, Yashiro explore avec sensibilité la question du handicap, sans misérabilisme, en l’intégrant à un récit de survie et de loyauté fraternelle.


L’auteur joue aussi brillamment avec les limites de la mise en page et du design. Le fauteuil de Nagi, véritable tank de guerre cybernétique, devient une extension de son corps et de sa rage.
Loin d’être un simple gimmick, il incarne un nouveau mode d’expression graphique, où l’action fusionne avec l’émotion, et où chaque réveil de Nagi devient une libération violente autant qu’un moment suspendu de tendresse.
Avec Tank Chair, Manabu Yashiro réussit un grand écart périlleux entre humour noir, gore outrancier, émotion sincère et chorégraphies de baston complètement folles. Une œuvre hybride, sauvage, qui réinvente le seinen d’action tout en posant, mine de rien, un regard inédit sur la vulnérabilité et la résilience. Un coup de cœur inattendu, qui roule à toute allure vers les sommets du genre.
MA NOTE : 17/20

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