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Gaming

Ubisoft traverse une zone de fortes turbulences : restructuration, jeux annulés et chute en Bourse

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La situation devient de plus en plus compliquée pour Ubisoft. Dans un long communiqué publié mercredi, l’éditeur français a annoncé une restructuration majeure de son organisation, accompagnée de décisions lourdes de conséquences, tant pour ses équipes que pour ses projets en cours.

Et le marché n’a pas tardé à réagir.

Une restructuration profonde autour de cinq Creative Houses

Première annonce forte : Ubisoft va désormais regrouper l’ensemble de ses activités autour de cinq Creative Houses, chacune chargée de piloter des franchises ou des types de jeux bien précis.

  • CH1 (Vantage Studios)
    Objectif : transformer les franchises historiques en marques générant plus d’un milliard d’euros par an.
    Assassin’s Creed, Far Cry, Rainbow Six
  • CH2
    Dédiée aux jeux de tir compétitifs et coopératifs.
    The Division, Ghost Recon, Splinter Cell
  • CH3
    Axée sur des expériences live à forte identité.
    For Honor, The Crew, Riders Republic, Brawlhalla, Skull & Bones
  • CH4
    Consacrée aux univers narratifs et aux mondes fantastiques.
    Anno, Might & Magic, Rayman, Prince of Persia, Beyond Good & Evil
  • CH5
    Chargée de repositionner Ubisoft sur les jeux casual et familiaux.
    Just Dance, Uno, Hungry Shark, Ketchapp, Idle Miner Tycoon

Sur le papier, la structure peut sembler lisible. Mais dans les faits, les modalités de mise en œuvre restent floues, et les premières conséquences concrètes inquiètent déjà.

Fermetures de studios et retour au présentiel

Dans la foulée de cette annonce, plusieurs décisions internes ont été communiquées aux employés :

  • fermeture des studios d’Halifax et de Stockholm
  • restructurations dans plusieurs studios, notamment à Abou Dhabi, Helsinki et Malmö
  • retour imposé à 100 % du travail en présentiel
  • annonces de vagues de licenciements à venir

Un ensemble de mesures qui laisse peu de doute sur l’ampleur des changements à venir.

Six jeux annulés, sept autres repoussés

Autre point particulièrement marquant :
Ubisoft a confirmé l’annulation de six jeux en développement.

Parmi eux, un seul avait été officiellement annoncé :
Prince of Persia: The Sands of Time Remake.

Les autres projets annulés incluraient :

  • trois nouvelles licences inédites
  • un jeu mobile

En plus, sept autres jeux voient leur sortie retardée, sans que l’éditeur ne spécifie lesquels. Des bruits de couloir parlent d’un possible remake d’Assassin’s Creed Black Flag, mais aucune confirmation n’a été donnée jusqu’à présent.

Une annonce très mal reçue en interne

Du point de vue des employés, la réponse a été instantanée.
Dès le jeudi 22 janvier 2026, les syndicats ont appelé à la grève, en protestation contre une annonce unilatérale qui n’aurait pas été prévue lors des précédents échanges avec la direction.

D’après leur perspective, les décisions adoptées ne seraient pas en adéquation avec les engagements mentionnés lors des pourparlers actuels.

La Bourse sanctionne lourdement Ubisoft

Et côté Bourse, ca pique.

En moins de 24 heures, l’action Ubisoft a chuté de plus de 37 %, passant de 6,63 € à environ 4,15 € le 22 janvier.
Une baisse historique qui pourrait devenir la plus forte chute journalière du groupe depuis 1996, date de son entrée en bourse.

Alors qu’en 2018, la capitalisation boursière d’Ubisoft atteignait les 11 milliards d’euros, elle est désormais inférieure à un milliard, soit 10 fois moins en 8 ans.

Est-il encore possible pour Ubisoft de remonter la pente?

Une période charnière pour l’éditeur français

Entre restructuration interne, projets abandonnés, climat social tendu et sanction immédiate des marchés, Ubisoft entre clairement dans une phase critique de son histoire.

Reste désormais à voir si cette réorganisation permettra à l’éditeur de se redresser… ou si elle marque le début d’une période encore plus incertaine pour l’un des acteurs majeurs du jeu vidéo européen.

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