Mangas
Witch and Hound – Quand pactiser avec les sorcières devient une question de survie
Witch and Hound est un manga de Kamitsuki Rainy & Tsukahara Minori (dessins) édité chez Mana Books, qui nous plonge dans un monde en guerre, où les sorcières ne sont pas des figures de contes rassurants, mais des menaces traquées, craintes et exécutées sans procès équitable.



Le Synopsis
Campusfellow est un petit État paisible, où l’agriculture et l’artisanat rythment le quotidien. Il est pris dans la tourmente de l’invasion lancée par le puissant royaume d’Amelia, dirigé par la redoutable reine du même nom. Grâce à son monopole sur la magie, Amelia fait tomber les États les uns après les autres, ne laissant que destruction et chaos sur son passage.
Pour sauver ses terres, le seigneur de Campusfellow, Bud Grace, met en œuvre un plan désespéré : rassembler les plus puissantes sorcières du continent, dispersées et redoutées, pour contrer cette menace grandissante. Parmi elles, la mystérieuse Sorcière des Miroirs, récemment capturée à Rave, détient peut-être la clé de leur survie.
Rollo, un jeune assassin surnommé le « Chien Noir », reçoit pour mission de la convaincre de rejoindre leurs rangs. Entre trahisons et magie noire, le sort de Campusfellow repose désormais sur cette alliance contre-nature.
Mon Avis
Un manga de sorcières… mais quel kiff après avoir vu la série MCU d’Agatha ! Le ton est donné : ici, la magie est synonyme de sang, de manipulation et de rapports de force politiques.


L’histoire s’ouvre sur un royaume acculé, prêt à tout pour survivre. La solution trouvée par ses dirigeants est aussi cynique que dangereuse : utiliser les sorcières comme des armes. Parmi elles, une figure cristallise toutes les peurs : la Sorcière des Miroirs, responsable d’événements sanglants et symbole vivant de l’horreur que ces femmes incarnent aux yeux du pouvoir. Capturée et promise à l’exécution, elle devient pourtant un pion essentiel dans un jeu politique qui la dépasse.
Pour la sauver – ou plutôt la récupérer – un assassin est envoyé : Rollo, surnommé le Chien Noir. Un tueur froid, méthodique, entièrement façonné pour obéir. Le cœur du tome repose largement sur lui, sur sa mission, et sur cette relation étrange qui se dessine entre un homme privé de choix et une sorcière que tout le monde voudrait voir morte.
Et c’est là que Witch and Hound fonctionne particulièrement bien.


Le manga ne cherche pas à aller trop vite. Il installe son monde, ses règles, ses tensions. La Sorcière des Miroirs reste volontairement en retrait durant une bonne partie du tome, ce qui peut frustrer au premier abord, surtout au vu de la couverture. Mais ce choix sert clairement le récit. Elle est une une menace silencieuse, presque un mythe vivant. Chaque apparition compte, chaque échange est chargé de sous-entendus, de faux-semblants et de méfiance.
Le duo qu’elle forme avec Rollo est l’un des grands points forts de ce premier volume. Tout repose sur une tension constante : qui manipule qui ? Qui survivra à ce pacte forcé ? Leur relation oscille entre ironie, froideur et menace latente, sans jamais tomber dans quelque chose de confortable. Ici, la confiance n’existe pas mais se négocie, se vole ou se paie dans le sang (et on n’est pas dans GOT hein).
Visuellement, le manga est chargé de détails, parfois presque étouffant, mais toujours lisible. Les scènes d’action sont fluides, brutales, et parfaitement mises en scène. Le noir et blanc renforce l’ambiance sombre, même si l’on sent parfois que certaines séquences gagneraient à être en couleur – notamment quand on a aperçu les sublimes illustrations couleurs qui encadrent le volume.

Sur le fond, Witch and Hound évoque clairement une réinterprétation sombre de figures issues des contes populaires. Sorcière des miroirs, reine de glace, sorcière des ronces… Les références sont là, détournées, tordues, vidées de toute innocence. Ce n’est pas un hommage naïf, mais une relecture cruelle et politique de ces mythes, où les “monstres” sont souvent bien plus humains que ceux qui les pourchassent.
Ce premier tome est avant tout une mise en place. Il pose les bases d’un univers riche, installe ses enjeux politiques, présente des personnages marquants et laisse volontairement beaucoup de zones d’ombre. Tout n’est pas expliqué, et c’est tant mieux. Le récit préfère susciter la curiosité plutôt que de tout livrer trop vite.
Au final, Witch and Hound est une excellente entrée en matière pour les amateurs de dark fantasy, de complots et de récits où la morale est constamment remise en question. Un tome sombre, tendu, parfois frustrant par ce qu’il retient, mais terriblement efficace pour donner envie d’aller plus loin. Une vraie mise en bouche. Et clairement, une série à surveiller de très près.
MA NOTE : 15/20
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