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Une aube nouvelle – l’artisanat au centre de l’animation
Une aube nouvelle, premier film de Yoshitoshi Shinomiya nous propose une plongée dans l’art japonais du feux d’artifice. Récompensé au festival d’Annecy cette année avec le Prix du jury Contrechamp, le film sera disponible en salle dès le 12 août.

Synopsis
L’usine de la famille Obinata, spécialisée dans les feux d’artifice, est sur le point d’être fermée administrativement. Autrefois nichée au cœur d’une forêt verdoyante, le site est désormais recouvert de panneaux solaires, et une route départementale doit bientôt traverser l’emplacement de l’usine.
Depuis quatre ans, Keitaro s’est enfermé dans cette usine désaffectée, où il fabrique seul des feux d’artifice. Il est obsédé par le mystère du shuhari, un feu d’artifice fantôme censé représenter l’univers, que son père avait créé juste avant de disparaître. Avant la confiscation de l’usine, Keitaro est déterminé à lancer le shuhari de son père. Hanté par ses souvenirs, il fait appel à son frère Chicchi et à son amie d’enfance Kaoru pour faire éclater Une Aube Nouvelle.
Mon avis
Le festival d’Annecy même pas commencé, j’avais déjà l’un de mes coups de cœur de cette édition. Yoshitoshi Shinomiya a travaillé avec les plus grands comme Makoto Shinkai et ça se ressent. Il nous sert un premier film dans la lignée des plus grands, prometteur d’une belle carrière en tant que réalisateur.
Une aube nouvelle est un concentré de poésie visuelle, de tradition et d’expérimentation.

Un film poétique et contemplatif
Dès les premiers plans, Une aube nouvelle impose une identité visuelle forte qui m’a conquise. Le film s’inscrit dans une démarche clairement contemplative, où l’image devient un espace d’expérimentation autant qu’un élément narratif.
Visuellement, Yoshitoshi Shinomiya nous offre sa propre vision de l’animation et du monde. Des frames colorées, une bande-son et une animation qui invitent à la contemplation.
De plus, le trait délicat permet de souligner la beauté des paysages.
En parallèles, certaines séquences, presque abstraites, s’éloignent du réalisme pour mieux traduire la perception émotionnelle des personnages, soulignant la volonté d’offrir une expérience visuelle.

Des thématiques fortes
Une aube nouvelle, c’est une histoire de tradition, de changement et d’écologie. Trois thèmes autour desquels nos trois personnages gravitent.
La tradition s’incarne dans l’artisanat des feux d’artifice, un savoir-faire en voie de disparition, symbolisé par l’usine des Obinata. Le film interroge ainsi la fragilité d’un héritage culturel face à la modernisation. Élément central du film, qui aurait peut-être mérité encore plus de mise en lumière sur les aspects techniques.
Le changement représenté à la fois par le passage de l’enfance à l’âge adulte, mais aussi par le passage du traditionnel au numérique ou encore avec les constructions. Néanmoins, le film ne fait pas que proposer une opposition entre ces thèmes. Si la disparition de la tradition peut sembler inéluctable, les protagonistes nous montrent que la modernité ne vise pas à effacer mais à compléter la tradition.
Enfin, l’écologie apparaît en filigrane, à travers la disparition progressive d’un environnement naturel au profit de constructions et d’aménagements. Sans jamais adopter un discours frontal, le film met en tension ces évolutions sans trancher définitivement entre perte et adaptation.

Un côté expérimental qui peut dérouter
Plus qu’un film, Yoshitoshi Shinomiya nous offre une expérience. D’une part, par l’esthétisme de son film. Exit le film monotone, préparez-vous à découvrir un mix de techniques, avec notamment une scène en stop-motion qui deviendra -sans aucun doute- culte.
D’autre part, par la temporalité proposée. Le film est un véritable puzzle qui en déroutera plus d’un. Il faudra donc être attentif et s’accrocher.
Comme dit précédemment, Une nouvelle aube est pour moi un véritable coup de cœur. Le film nous offre des plans magnifiques et un scénario chargé d’émotion. Si parfois ce dernier peut sembler compliqué à suivre, c’est peut-être là, au final que se cache l’intérêt de ce film. Une trame qui invite à être attentif à chaque détail et qui participe à son identité : un film qui ne cherche pas à tout expliquer, mais à faire ressentir.
Rendez-vous en salle le 12 août.
Ma note : 18,5 / 20
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