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Interview Frédérique Marlot, la voix française de Carla dans Fairy Tail

Frédérique Marlot est une comédienne qui a commencé sur les planches puis a découvert le doublage. Personnellement, elle m’a marqué pour le rôle de Carla dans Fairy Tail. J’ai appris lors de ces retrouvailles qu’elle tourne beaucoup et que le public vient la voir, pas seulement pour le doublage.

Commençons par le commencement, quel est ton parcours ?
J’ai commencé le théâtre au collège et au club de théâtre. Et donc, j’ai eu la chance, j’habitais Antibes et j’ai pu faire du théâtre auprès d’un professeur au conservatoire d’Antibes qui se penchait sur la Comédie française. Ensuite, je suis montée à Paris. Il m’a envoyée chez Jean-Laurent Cochet. Donc, j’ai vraiment eu une formation classique de théâtre. Et en parallèle de Cochet, je prenais des cours à l’actor studio à L’Atelier Blanche Salant & Paul Weave pour sortir du carcan classique. Là-dessus, j’ai commencé à faire des pièces de théâtre, j’ai tourné un peu puis j’ai fait de la radio. Et là, on m’a dit, oh, mais tu as une voix rigolote, tu devrais essayer le doublage. Et c’est là que j’ai commencé à faire du doublage et j’en ai fait beaucoup. Et c’est vrai que ça m’a un petit peu éloigné du théâtre parce que j’ai arrêté le théâtre à ce moment-là. Et aujourd’hui, j’essaie de continuer à tourner tout en continuant le doublage et j’aimerais bien remonter sur les planches.
Mimi : Alors justement, pour rebondir, retourner sur la planche, tu aurais éventuellement des projets peut-être ?
F.M. : Non, théâtre, pas encore. Non, parce que je ne me suis pas vraiment plongée dedans. Surtout que depuis le Covid, ça devient compliqué. Je suis allée au Festival d’Avignon cet été. J’ai rencontré des metteurs en scène. J’ai plein de copains comédiens qui travaillent. Ça m’enchante, mais j’aimerais refaire un stage de théâtre pour m’y confronter à nouveau. Mais là, c’est vraiment pour moi, en tant que comédienne, pour me ressourcer. Et voilà, même s’il n’y a pas de projet derrière, déjà de remonter sur les planches et de remettre, de dérouiller ma comédienne de théâtre, ça me ferait déjà du bien et plaisir. Voilà, juste pour mon plaisir personnel. Dans un genre particulier ? Ou un peu tous les styles ? Oh oui, non, je n’ai pas de… Au théâtre, alors pour le coup, j’ai beaucoup joué de marivaux quand j’étais plus jeune (Le Legs, L’Épreuve). Des créations, des drames. J’ai envie de me réessayer à la comédie parce que j’aime beaucoup la comédie. Même en tournage, j’ai tourné pas mal de drames et j’aimerais bien faire de la comédie.

Est-ce que tu as eu l’occasion de rencontrer des actrices que tu as doublé ?
Pas du tout, on m’avait déjà posé la question. Déjà, je suis allée aux États-Unis deux fois, mais pas du tout à Los Angeles où j’aurais pu en croiser. Mais en plus, je n’ai jamais fait la démarche de vouloir croiser des comédiennes que j’ai doublées. Donc, je ne suis pas sûre qu’elles seraient très intéressées de me rencontrer non plus parce que je ne suis pas une star du doublage non plus. Donc voilà, ça ne m’a jamais tenté. Et je fais aussi beaucoup de dessins animés. J’imagine que Carla, elle aimerait quand même te rencontrer. Mais Carla, elle m’adore. C’est la seule personne qu’elle adore depuis avec Wendy. J’ai rencontré des créateurs de dessins animés ou d’animés que j’ai doublés. Et ça, c’est un bonheur.

Est-ce qu’il y a un rôle, pas forcément marquant pour le public, mais pour toi, oui ?
C’était en doublage et c’était un animé. C’était dans Code Geass, j’avais deux personnages dedans. J’avais une copine, une étudiante, la copine de Lelouch, le héros. Et j’avais Nunnally, on m’en a beaucoup parlé aujourd’hui au festival, à la convention, parce que c’est un petit bout de femme, une jeune fille aveugle en fauteuil roulant tour de même. Donc sur le papier, c’est pas évident. Enfin, voilà. Et en fait, elle a une force intérieure. Elle va diriger le pays, le gouverner. Donc c’était super intéressant à jouer parce qu’elle a une sensibilité. Elle a une petite voix. Elle est toute mignonne. Et en même temps, il y a une vraie force de caractère qui l’amène à diriger le monde. Et ça, c’était super intéressant à jouer. Vers la fin, les fans m’ont parlé des scènes d’émotions qui sont très beaux, sans spoiler, il y a de très belles scènes. Et c’était là pour le coup, en tant que comédienne dans les émotions, c’était chouette à faire. Vraiment, c’était un régal. J’aime beaucoup cette série.

Comment se passe un doublage style horreur ? Est-ce que tu en as déjà fait ?
Oui. Et comment ça se passe ? Il faut voir ça comme un film normal parce que nous, on n’est pas censé savoir que c’est un film d’horreur parce qu’on joue la situation. Il se trouve que ça peut faire très, très peur. Moi, je suis très bon public. J’ai très vite peur. Mais en revanche, quand ce sont des films d’horreur qui jouent sur le sang, on n’a pas du tout envie d’être tronçonné dans la vie. Et donc, c’est très facile à imaginer. Et après, ça peut aller vite dans l’écrit. Donc là, il faut ménager la voix. Mais ce n’est pas ce qu’il y a de plus dur à jouer. Il n’y a pas vraiment de nuance. Oui, voilà. Après, il faut que l’imaginaire soit là parce que quand ce sont des films un peu plus qui jouent sur le terrifiant suspense, il faut vraiment avoir peur. Mais on ne voit rien. Donc là, il faut imaginer qu’il y a un vrai danger. Voilà. Mais c’est vachement amusant à faire. Pour nous, à voir, ça peut faire peur mais à faire, c’est génial. En général, ce sont des situations qui ne nous arrivent pas dans la vie. Donc ça, pour un comédien, c’est du pain béni étant donné que c’est ce qu’on aime. On aime jouer des trucs qui ne nous arriveront pas. Un jour, la D.A. m’avait dit « Ah non, non, regarde pas. Regarde pas, Frédérique. Là, vraiment, ça va faire peur. » Elle avait peur pour moi, en fait. Elle avait peur que je sois trop émotionnée. C’était drôle. Mais voilà, on est des petites natures, mais quand même ça reste amusant à faire.


Pour revenir sur tes tournages, est-ce qu’on peut te voir du coup à l’écran ?
J’ai fait plusieurs courts-métrages, mais on ne peut pas les voir pour le moment, parce qu’ils sont en festival. Il y en a un qui vient de gagner un prix au Pan-Africa de Cannes. Donc, c’est le festival de Cannes, Pan-Africa, parce que la réalisatrice est africaine. Et j’en ai un autre qui fait pas mal de festivals en ce moment. Donc, après, ils seront visibles, mais pas pour le moment. Et j’en tourne un dans deux semaines, je viens d’en tourner un, pareil, qui n’est pas encore monté. Il n’est pas mixé. Et j’ai fait un clip vidéo qui vient de sortir. On peut le voir sur YouTube. Et c’est drôle, parce que les images sont très belles. Moi, j’ai le second rôle, mais les images sont magnifiques. Le réalisateur, c’est un chef opérateur avec qui j’ai tourné. Et il a un groupe de métal. Donc, c’est la musique. Il est doux comme un agneau, mais dès qu’il chante, il gueule. Là, ce n’est plus le même. Ce n’est plus le même. Il gueule au micro, mais c’est génial. Et donc, c’est drôle, la chanson est sympa. Ce n’est pas trop métal pur. C’était une première expérience de clip, ça m’a plu, c’était chouette.
Dernière question. Qu’est-ce que ça te fait de rencontrer les fans de ton travail ?
Là, tu touches la corde sensible. Tu as toi-même assisté à ma première convention. C’était il n’y a pas si longtemps, à la Japan Tour. Et j’en aurais pleuré. Je ne me rendais pas compte à quel point on avait touché le public et que mon travail avait touché des gens. Tout à l’heure, il y a une jeune femme qui est venue me voir qui m’a dit « J’ai tout revu Fairytail. Ça a bercé ma jeunesse. J’adore cette série. Je la revois en boucle. J’ai tout acheté, collector et j’ai tellement aimé Carla.”
Là, j’ai envie de pleurer. C’est vrai que quand on est au théâtre, on a le retour du public. Quand on joue des films, après, on a des critiques, les spectateurs. On sait qui vient, le réalisateur nous dit, etc. Mais en doublage, on n’a pas de retour et on ne sait pas qui est le public. Je remercie Alexandre de m’avoir invité à la convention. Ne serait-ce que pour ça. Pour découvrir que j’avais des fans qui suivaient mon travail. Il y en a même qui sont venus parce que j’avais tourné dans des séries. Mais donc, rien à voir avec les animés ou d’autres, que j’avais doublé d’autres personnages ailleurs. Et c’est super touchant parce que nous, ce qu’on aime, c’est partager avec les gens et de faire des poutous à des gamines qui pleurent parce que je suis en face d’elles. C’est tellement touchant. C’est ce que j’ai vécu avec toi. Mais j’en ai pleuré parce que c’était… Nous, on a envie de donner de l’amour. On est là pour ça, en fait. On fait ce métier pour être aimé et pour donner du plaisir aux gens. Franchement, c’est… Donner un peu de joie. On est de petits artisans. On est là pour porter un projet. Ce n’est pas nous qui écrivons les histoires, mais c’est un vrai bonheur de les raconter et de partager ça avec le public. Donc, c’est vraiment… Ce n’est que du bonheur. Moi, je rentre de là, j’aurais vécu deux jours enchantés dans une bulle. Donc, c’est super. Merci !
Merci pour ton temps. Merci à toi. Et merci pour ton travail parce que tu fais partie de ces gens qui s’intéressent à notre travail. Et ça, c’est touchant.
Avec plaisir !


Je tiens une nouvelle fois remercier l’organisation du Hasthtag Festival à Bourg-en-Bresse, Kazoku Média et Frédérique, pour son temps. Je garde un beau souvenir de ce weekend inoubliable.
(Interview réalisée en octobre 2023)
Le Hashtag Festival revient le weekend du 17-18 octobre 2026 !

Frédérique Marlot sera de retour parmi les nombreux invités cette année !
+ d’infos et billetterie par ici

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