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Interview

Interview avec Yoshitoshi Shinomiya le réalisateur d’Une Aube Nouvelle

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Ce mercredi, Une aube nouvelle est sortie en salle. L’occasion de vous retranscrire notre échange avec Yoshitoshi Shinomiya le réalisateur du film rencontré lors du festival d’Annecy.

Pour commencer, est-ce que vous pouvez nous parler de votre parcours et de ce qui vous a donné envie de raconter des histoires à travers l’animation ?

Déjà pour parler de mon parcours, j’ai fait des études des Beaux-arts. Et déjà à l’époque de l’université, j’ai commencé à faire des peintures. Donc je suis devenu peintre, et c’est à l’âge de 29 ans que j’ai commencé à travailler dans le monde de l’animation. Et à 36 ans, donc en 2016, j’ai commencé à préparer ce film ( Une aube nouvelle). Jusqu’alors je réalisais que des des formats courts.

Et sinon la genèse de ce projet, c’est que quand j’étais petit, je vivais à côté de la mer et je voyais que pour étendre la terre il y’avait des travaux et du coup la mer commençait à disparaître. C’est un souvenir qui me restait. Et un jour, mon enfant, m’a dit qu’il a vu la mer dans la montagne en regardant des panneaux solaires. Il a cru que c’était la mer à cause du reflet du soleil, comme ça brillait.
J’ai donc trouvé que c’était très intéressant de parler des deux, c’est à dire de la mer qui a disparu pendant mon enfance et la « mer » que mon enfant a vu dans la montagne. Et c’est comme ça que j’ai eu l’idée de faire ce film.

Dans Une aube nouvelle, la tradition et les feux d’artifices occupent une place centrale. C’est un sujet rarement exploré dans l’animation, alors qu’ils ont une place particulière dans la culture japonaise. Pourquoi avoir choisi de raconter cette histoire à travers cet élément?

C’est vrai que j’ai raconté cette histoire dans un film d’animation, mais avant tout je suis peintre. C’est vrai que j’ai regardé des animés étant petit, mais voilà c’était la narration, c’était cette histoire qui me paraissait importante. Pas vraiment le fait que ce soit de l’animation. C’était pas ce qui comptait pour moi. C’est raconter cette histoire là qui était important.

Le film est imprégné d’une forte impression de temps fragmenté, comme si la mémoire et le présent co-existaient. Quelle était votre intention derrière cette approche narrative du temps?

C’est un film de long-métrage, mais qui dure que 76 minutes, donc finalement c’est un film de long-métrage relativement court. À cause de ce format, j’ai dû vraiment mettre le maximum d’informations. Du coup, j’étais un peu obligé de mettre les scènes de mémoires, de souvenirs, puisque quatre années se déroulent pendant le film. En plus je voulais transmettre toutes les émotions possibles donc oui j’ai du mélanger plusieurs temps.

On retrouve un trio composé d’une ville et de deux garçons, une configuration qui existait déjà dans votre clip Heroes of the old forest. Est-ce que ce projet contenait déjà les première graines d’Une aube nouvelle?

En réalité, à l’époque où ce clip de musique est sorti, je travaillais déjà sur ce film. Et merci finalement à ce clip qui est sorti plus tôt que le film. Donc j’avais déjà l’idée de l’histoire et du coup le clip est un peu une sorte d’expérimentation.

Cette dynamique de trio est aussi très présente dans la pop culture japonaise, notamment dans les shonen. Est-ce que c’est une structure narrative qui vous influence ou c’est plutôt une coïncidence liée à votre manière de créer vos personnages ?

Au début au faite, je voulais raconter une histoire avec beaucoup plus de personnages, avec un groupe. Mais comme c’est mon tout premier film, je me suis dit qu’il fallait limiter et donc finalement je suis arrivé à trois.

Un passage qui peut en étonner plus d’un, l’insert du live-action et du stop-motion dans ce film. Personnellement, je suis une très grande fan de ce mix de techniques. Qu’est-ce qu’il lui a donné l’envie de mélanger ces techniques à l’animation?

Déjà quand je réalisais des formats courts, je mélangeais des techniques. Très souvent je mélangeais l’animation et la prise de vue réelle.
Et j’adore mélangé les genre. Par exemple quelque chose d’artistique et de commercial. Et en réalité, l’animation 2D, il y’a plus de choses fausses en 2D, car tout est dessiné, imaginaire, et donc quand il y’a des images réelles d’insérées, il y’a vraiment un décalage. Et j’adore ce décalage.

Vous avez travaillé avec de nombreux autres réalisateurs, notamment avec Makoto Shinkai. Qu’est ce que cette collaboration vous a apportés?

Je suis moi-même peintre, alors qu’à l’origine Shinkai c’est un réalisateur. Donc il ne tient pas juste au visuel, il tient beaucoup à la mise en scène, à l’utilisation du temps, donc c’est ça que j’ai appris grâce à lui.

Après Une aube nouvelle, qu’elles sont les histoires que vous aimeriez raconter en tant que réalisateur ?

J’ai déjà quelques idées. Quand j’ai réalisé Une aube nouvelle, ça a pris au moins dix ans, donc j’avais toujours l’impression d’être rattrapé par le temps. Et maintenant mon prochain film, je veux le réaliser en pensant au monde dans cinq ou dix ans.
Jusqu’à maintenant je faisais une sorte de test, d’expérimentation, mais j’espère que ça va être un peu plus complet ou un peu plus achevé.

Interview réalisée lors du festival d’Annecy 2026.
Traduit du japonais par une traductrice présente lors de l’interview. Merci à elle, à Games of com et Yoshitoshi Shinomiya
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